C'est une première pour THQ. L'éditeur américain se lance
dans le combat libre en s'adjoignant les services de l'Ultimate Fighting
Championship, la plus puissante organisation de MMA au monde. Bien évidemment,
l'UFC est venue avec ses têtes d'affiche. Georges St. Pierre, Chuck Liddell,
Quinton Jackson, Tito Ortiz, Rashad Evans, Lyoto Machida... Ils sont
quatre-vingt à s'affronter sur un ring octogonal fermé par une cage, devenue
en quelques années le symbole de la discipline. Il n'y a pas cinquante façons de
quitter cet Octagon en vainqueur. En fait, il y en quatre : le KO, le KO
technique (TKO), la soumission obligeant l'adversaire à abandonner et enfin la
décision des juges si aucun combattant n'a réussi à s'imposer durant les trois
rounds de cinq minutes. Dans la pratique, la victoire aux points est plutôt
rare. La plupart du temps, un KO ou un abandon stoppe l'affrontement. Mais ce
n'est pas pour cela que les matchs se ressemblent, bien au contraire. Grâce à
un système de combat profond, les développeurs ont parfaitement cerné l'esprit
du free fight, une brutalité totale associée à une grande variété de
techniques. KO éclair, soumission inattendue, bataille au sol... Les
possibilités sont énormes et les retournements de situation nombreux. À
condition, bien sûr, de se plonger dans un apprentissage rigoureux de chaque
technique.
MMA est l'acronyme de Mixed Martial Arts. Au moins, la
discipline ne trompe personne quant à ses origines. Le MMA est une combinaison
de plusieurs arts martiaux destinée à transformer ses pratiquants en monstres
de puissance, debout comme au sol. Chaque combattant maîtrise donc deux
disciplines dans le jeu. Une spécialité dite "de coups" avec au choix
la boxe, le kickboxing ou le muay thaï et une spécialité dite "de
prises" comprenant la lutte, le judo et le jiu-jitsu brésilien. Sans
surprise, la partie striking du gameplay ressemble à n'importe quel jeu de
combat un tantinet réaliste et percutant, dans la veine d'un Fight Night. Le
kick boxeur peut ravager le visage de son adversaire à coups de pieds, tout
comme le boxeur peut le faire avec ses poings et le spécialiste du muay thaï
avec ses genoux. En revanche, les différences entre les arts martiaux de grappling
sont plus subtiles. Le judoka et le lutteur réalisent des projections
spectaculaires, tandis que l'adepte du JJB compte sur ses nombreuses clefs pour
vaincre son adversaire. Au sol, chacun des deux combattants tente de prendre le
dessus en adoptant des positions de grappling prédéfinies avec le stick
analogique droit. Tout le challenge consiste à se placer en position d'attaque
favorable. En cas de blocage mutuel, il est toujours possible de se débattre
tant bien que mal, quitte à se fatiguer et s'exposer à une éventuelle
soumission.
S'il peut paraître obscur au premier abord, le système de
prises est en fait très bien pensé et parfaitement intégré au gameplay. Grâce
au clinch et au takedown qui permettent de saisir un adversaire et de le
plaquer au sol, le passage d'un art martial à l'autre se fait en toute fluidité
avec bon nombre de stratégies possibles. La marge de progression offerte par le
jeu est très conséquente, elle aussi. En contrepartie, le vaste panel de coups
et de prises mis à la disposition du joueur n'est pas facile à dompter. Un
détour par la case didacticiel est nécessaire. Certains audacieux voudraient
probablement s'en passer, mais ils seront vite rappelés à l'ordre par la dure
loi de l'Octagon. D'ailleurs, se défouler deux ou trois minutes avec un ami qui
découvre le jeu sans suivre le tutoriel relève de l'utopie. Voilà en quelque
sorte le prix à payer pour profiter de ce gameplay technique et atypique. Un
maigre coût comparé au plaisir de jeu que cet Undisputed procure une fois
apprivoisé.
Gouttes de sueurs et pectoraux bombés sont à la fête. Les
collisions sont rarement prises à défaut et pourtant elles sont extrêmement
nombreuses. Il faut aussi saluer l'excellent travail de motion capture
accompli. Les basculements de hanche épatent par leur réalisme et leur
fluidité, même si, à l'inverse, la démarche robotisée des combattants frise le
ridicule. On peut toujours pester contre la laideur des spectateurs, le
déclenchement un peu mécanique des animations au sol. Durant les matchs, les
deux adversaires disposent de très peu d'indications pour connaître leur état
de forme. Juste une jauge de fatigue (optionnelle) et le visage tuméfié de leur
adversaire pour se repérer, par conséquent le timing des coups et des prises
réclame une attention de tous les instants.
On l'oublierait presque, mais le sang coule à flot dans
l'Octagon. Oui, le jeu est extrêmement violent. Paradoxalement il est aussi
très policé, à l'image de son mode Carrière pas bien long et sans éclat. Tout
ça manque d'un poil de folie, d'un zeste de coup bas et d'un soupçon de bad
boys. UFC 2009 préfère se consacrer à l'aspect purement sportif du MMA en
laissant de côté l'image sulfureuse de la discipline. En tout cas, à part une
ou deux babes et les commentaires des officiels Joe Rogan et Mike Goldberg, le
spectacle autour du ring est réduit au strict minimum. Carton jaune aussi au
mode "combats classiques". La charmante Rachelle Leah, Octagon Girl
de renom, y fait miroiter de belles vidéos de combats au valeureux joueur qui
reproduira à l'identique une douzaine de matchs mythiques (souvent en faisant
de l'antijeu pour ne pas mettre KO l'adversaire trop tôt), cependant les bonus
débloqués sont des petits montages vidéos beaucoup trop courts. L'arnaque !
Aucun souci à signaler en revanche pour les confrontations en
ligne entre Européens, si ce n'est quelques déconnexions mystérieuses et non
sanctionnées à l'approche d'une soumission ou d'un TKO, comme par hasard. Tous
les gamers n'auraient pas le courage des guerriers qu'ils incarnent ? Tiens
donc...
Venez retrouver ici l'actualité de la ps3. Nous parlerons des jeux sortis ou à venir ainsi que de tout ce qui tourne autour de la dernière console Sony.